Introduction
Salutations, Grâces, Reconnaissances et toutes formes de Louanges à ALLAH ﷻ, SEIGNEUR du Levant et du Couchant qui nous a guidés sur le chemin de la rectitude sans aucun mérite de notre part. Que Son Salut, Ses Faveurs, Ses Bénédictions se déversent en abondance sur le Maître des Soumis, Le Meilleur parmi ceux qui ont cru et qui s’est prosterné avant toute Création ﷺ, sur sa Famille et sur ceux dignes de sa Proximité, à la hauteur de Son Rang Sublime tant que Subsistera La Face éclairée du Dieu aux Attributs Majestueux, seul digne d’adoration.
Que le Seigneur de l’Univers ﷻ soit Satisfait de Notre Maître, la perfection de la Sainteté Muhammadienne, par-delà les univers et le temps, Que Ses rangs indicibles et inconnus même de ceux dotés du dévoilement continuent de s’élever sans cesse
Naissance et généalogie de notre Cheikh
Pendant des siècles, les meilleurs et plus complets parmi les Saints alliés d’ALLAHﷻ ont annoncé sa venue, plusieurs d’entre eux se sont réclamés détenteurs de son rang éminent avant de se dédire. C’est au XIIe siècle de l’hégire que s’est levé le soleil des sciences, le phénix de l’Orient, le vivificateur de la Sunnah Prophétique qui a de nouveau hissé haut l’étendard de l’Islam.
En effet, en 1150 de l’hégire ALLAH ﷻ a béni un village algérien de la région de Laghouat par la naissance de celui qui sera le sceau de la Sainteté Muhammadienne qu’ALLAH ﷻ l’Agrée. Notre Sheikh, qu’ALLAH ﷻ l’agrée, est le fils de Seydi Mahammad ibn Mokhtar un guide, savant réputé et vertueux. Sa mère est la vertueuse, sanctifiée, pieuse, Aïcha fille de l’illustre saint Muhammad Ibn Sanussi Tijani. Elle s’évertuait longuement dans la pratique des zikrs et de la prière nocturne. Elle était attachée à l’Islam et était dotée d’une éthique irréprochable.
Notre Sheikh est d’une Généalogie bénie. Elle est d’ascendance Chérifienne et remonte jusqu’au Prophète ﷺ. La Sainteté du reste de ses ancêtres est indéniable, comme l’a rapporté notre enseignant et maître le Khalif très haut Sidi Ali Harazim, qu'ALLAH ﷻ soit satisfait de lui, dans son livre Jawahir Al Maani.
Initiation aux sciences islamiques
L’un des traits marquants des caractères de notre Maître Sheikh Ahmed ibn Mahammad ibn Mokhtar At Tijani que l’agrément d’ALLAH ﷻ soit toujours sur lui est sa forte détermination à nulle autre pareille. Dès qu’il s’intéresse à une chose, il le fait sur le champ et dès qu’il la débute, il ne ménage aucun effort avant de l’avoir terminée. C’est un trait que chaque disciple doit cultiver et suivre.
La détermination susvisée lui a permis, très jeune, à seulement sept (07) ans de mémoriser le Coran d’une façon parfaite dans la riwaya Warch, suivant la chaîne de transmission de l’imam Nafih, qui est une des narrations (versions de lecture) du Coran, auprès du Maître Seydi Muhammad Boun Hamou Tijani. Pour ton information, cher Ahbaab, retiens bien que le maître qui a enseigné le Coran au maître de notre Sheikh est Seydi Issa Bou-akaz, l’homme pieux qui s’était vu en songe réciter entièrement le Coran dans la version Warch à notre Seigneur le Très Haut qui lui répondit : « C’est ainsi qu’il fut révélé ».
Par la suite, à Aïn Madhi, notre Maître At Tijani le Valeureux a étudié la jurisprudence islamique selon le rite de l’Imam Malick à travers les livres bien connus : le précis de l’Imam Akhdari, la Muqadima de l’imam Chazili, la Risâla de l’Imam ibn Abi Zayd et l’abrégé de Sheikh Khalil. Son professeur pour ces sciences était le Noble Sidi Mabrouk Bouafiya Tijani.
Malgré son jeune âge, ses qualités morales et spirituelles étaient immenses. Son savoir débordant. Dans son entourage, tout le monde pouvait voir les prémices de ce qui adviendrait grâce à ses vertus, sa modestie, son intelligence et sa piété.
Mariage et perte de ses parents
Son père, Sidi Mahammad, le maria dès qu’il atteignit l’âge de seize ans afin de le protéger de toute turpitude, en 1166 de l’Hégire.
Dans la même année, il perdit, le même jour, ses parents, des suites d’une épidémie de peste. Qu’Allah ﷻ les ait en sa Parfaite Miséricorde, les Couvre de Ses faveurs et de Sa Satisfaction. À la suite de cela, notre Sheikh At Tijani, le Saint qui entre tous brille comme le Soleil au Zénith, a décidé à cette époque, pour ne point léser son épouse, de se séparer d’elle et de continuer sa quête de sciences. Ces évènements douloureux n’entachèrent en rien sa détermination.
Départ de Aïn Madhi pour la quête d’Allah ﷻ
Il a continué ainsi son apprentissage avec la même ascèse, la même très Haute ambition. En l’an 1171 de l’Hégire, l’ensemble de ses pairs et maîtres le qualifiaient d’Océan de Connaissances et Savoirs.
Notre Sheikh At Tijani, le Saint qui entre tous brille comme le Soleil au Zénith, décida, à la suite de sa maîtrise des sciences exotériques, d’aller en quête du Maître des Cieux et de la Terre ﷻ par la voie du Soufisme. Sa dévotion et son ambition sans commune mesure l’ont poussé à aller vers les grands maîtres et saints afin de profiter de leurs enseignements et de leurs bénédictions.
Rencontre avec plusieurs Sheikhs de la voie Soufi
Il rencontra de nombreux Sheikhs dont le connaissant en Allah ﷻ, le phare de la guidance, le Sheikh Tayyib Wazzani entre autres, le Sheikh Seyid Ahmad Saqal et le Sheikh Mouhammad fils de Hassan al Wanjali qu’Allah ﷻ agrée leurs œuvres. C’est ce dernier qui annonça au Sheikh Tijani que, sans nul doute, il atteindra le maqam de l’Imam, le grand connaisssant Abou Hassan al Chadhili Rda.
Le Sheikh, par sa haute volonté continua à fournir de multiples efforts et enseignements durant cette période ; il a rencontré un certain nombre de Saints auxquels il s’est affilié et qui lui ont donné plusieurs garanties dans sa quête spirituelle et de bonnes nouvelles quant à sa destinée. Nous pouvons citer, parmi eux, Seydi Ahmed Tawachi At Tazi qui lui demanda d’entrer en retraite spirituelle et de cultiver la solitude et le Zikr jusqu’à ce qu’ALLAH ﷻ lui accorde l’Ouverture. Notre Sheikh lui confia que cela ne correspondait pas à sa vision des choses et celui-ci lui répondit alors « Attache-toi au zikr du Nom que je t’ai donné et sois-y constant sans retraite ni solitude. ALLAH t’offrira l’Ouverture dans cette situation ». Le Sheikh a aussi abandonné ce zikr après une courte période, comme rapporté par ses compagnons.
Voyage pour le pélerinage à la Mecque
Sheikh Ahmad Tijani Rda décida, du fait de sa haute moralité et de son attachement à la Charia, d’effectuer, selon les préceptes de l’islam, son Hajj ainsi que sa Zyaara au mausolée du Meilleur ﷺ entre toutes les créatures, exalté soit son nom aux cieux et sur la terre, le plus juste et le plus sûr, celui qui est la source de toute existence, et l’incarnation de la précellence Seyidouna Mouhammad ﷺ. Il prit départ de Tlemcen en l’an 1186 de l’hégire. Au cours de ce voyage, le Cheikh fit escale entre Tunis et Souss pendant une année et durant cette escale, il est rapporté qu’il y enseigna et dispensa nombre de savoirs utiles et guida les gens sur le droit chemin. A Tunis, résidait un grand pôle dont la plupart des sources n’ont pas donné de noms, que personne ne pouvait rencontrer et qui constituait le pôle de son temps. Notre Sheikh Ahmad Tijani envoyait toutes ses commissions au pôle à travers son ami Seyid Abd Samad Al Rahwi qui était un des disciples de ce pôle et faisait partie des quatre personnes autorisées à le voir, les lundi et vendredi soir. C’est ce pôle qui annonça au Sheikh qu’il fait partie de ceux qui bénéficient d’un amour particulier de la part du Seigneur Allah ﷻ.
De son voyage de Tlemcen vers Tunis, le Sheikh se rendit en effet vers le Grand maître, le guide initié et vertueux Mouhammad ibn abd rahman azhari et adhéra entre ses mains à la tariqa khalwatiya, ce Sheikh lui-même y avait adhéré des mains du Sheikh al Hafnawi.
Il fut admiré de tous pour son savoir, son attachement à la sunna prophétique et sa modestie. C’est à Tunis, que, respectueux devant l’étendue des connaissances de notre maître, le Sultan lui proposa avoirs et logis à la mosquée Al-Zaytuna. Lorsqu’il a lu la lettre l’invitant à y rester, pour enseigner et s’occuper des affaires religieuses, il l'a tenue dans sa main sans un mot, et décida de quitter la ville dès le lendemain. Il s’engagea ainsi vers l'Égypte mais avant cela chargea son ami Seyid Abd Sammad Al Rahwi d’aller informer le saint de la ville, le pôle de sa décision d’embarquer pour l’Égypte et de solliciter ses prières pour un voyage paisible. Le saint lui accorda une garantie d’aller et de revenir dans les meilleures conditions.
Le Sheikh embarqua alors en direction de l’Égypte avec une envie forte et démesurée de rencontrer et de s’entretenir avec le vertueux, le saint et célèbre pôle Sayid Mahmoud Kurdi Al Iraqi qui, plus tard, lui confirmera la bonne nouvelle tantôt énoncée par le pôle de Tunis. À son arrivée en Égypte, le Sheikh s’enquit de son lieu de résidence et alla à la rencontre de ce grand saint qui, à première vue, avant toute bienséance, déclara au Sheikh qu’il est un aimé de Dieu dans ce monde et dans l’au-delà. Le Sheikh dans sa précellence morale et religieuse, lui demanda la source de cette information, ce à quoi le pôle Mahmoud Al Kourdi répondit : « de Dieu ﷻ, le plus haut ! »
Ensuite notre Maître lui a rapporté son rêve qu’il avait fait à Tunis : « Je vous ai vu lorsque j'étais en Tunisie. Je vous ai dit que tout mon être est en cuivre et vous m’aviez répondu je vais transformer tout le cuivre en or. » Le Sheikh Mahmoud lui répondit « Ta vision est véridique ». Quelques jours plus tard, le Sheikh Kurdi lui a demandé ce qu’il voulait, Notre Maître Le Très distingué lui a dit « Je veux être le Pôle Sublime ». Le Juste et Gracieux Saint répondit « Tu auras plus que cela »
Arrivée et rencontre à la Mecque
Ainsi, après cette étape, il se rendit aux Lieux saints pour son pèlerinage et la visite pieuse au tombeau de son aïeul, le Prophète ﷺ.
À La Mecque, où il arriva en 1187 de l’hégire, il voulut rencontrer le Sheikh, le grand pôle de son époque, l’océan de sciences Sidi Ahmad ibn Abd Allâh al Hindi qu’Allah ﷻ agrée ses œuvres, cependant cette rencontre n’eut pas lieu physiquement mais se fit à travers des missives via le serviteur du Sheikh Abdallah Al hindi. Il assimila et hérita de lui de nombreuses sciences, sa station, ses secrets et ses lumières inhérentes à ses états parfaits et majestueux. Dans ses missives, il lui annonça sa mort pour le 20 du mois Dhul Al HIjja de la même année et lui fit promettre de s’occuper de son fils.
À Médine, la sainte et choisie, il rencontra le Pôle Sidi Muhammad ibn Abdul Karim As Sammani qui lui révéla de nombreux secrets comme tous les saints qu’il a croisés ; il lui a également annoncé la bonne nouvelle relative aux hautes stations qui seraient siennes. Celui-ci invita le Sheikh à rester trois jours avec lui afin qu’il l’imprègne totalement des lumières spirituelles qui se déverseraient sur lui. Notre Sheikh s’en excusa. Toutefois il accorda à Sidi Ahmad Tijani toutes les permissions et sortit de cet entretien pleinement satisfait. Le Sheikh à la suite de ses visites pieuses, entreprit le chemin du retour vers l’Égypte où il fut accueilli avec tous les honneurs et impatience par le Cheikh Mahmoud Al Kurdi Al iraqi, qui lui ordonna de venir lui rendre visite tous les jours. Le Sheikh, après un certain temps, en l’an 1188, rentra à Tlemcen où il s’installa. C’est en cette glorieuse année que le Sheikh fit la rencontre du pôle et bien-aimé, son serviteur et Imam dans les prières quotidiennes Sayid Abou Abdallah Mouhammad ibn Mouhammad ibn Michri Al Hassani, qu’il initia à la tariqa khalwatiyya dont l’autorisation fut prise du Sheikh Kurdi qui lui demanda de la transmettre et qu’il en était garant après que notre maître a décliné son offre lorsqu’il lui fit part de l’autorisation d’initier à cette voie noble.
Fathul Akbar et réception de la voie directement du Prophète (ﷺ)
Quelques années plus tard, en 1196, Allah ﷻ lui offrit l’accomplissement de ses prières, la grande ouverture des mains du Maître de l’Existence ﷺ qui lui fit savoir qu’il était son fils et son disciple.
En effet, en l'an 1196, à Abi Samghun, dans le Sahara oriental, il vit le Prophète ﷺ à l'état d’éveil complet et non en rêve.
Le Meilleur des Hachémites ﷺ l’initia à son Wird chérifien composé dans un premier temps de 100 Istighfâr et 100 prières sur le Prophète ﷺ et lui ordonna d'y initier tous les Musulmans et Musulmanes qui en exprimeraient la demande. Il lui dit à cet égard : « En vérité, je suis ton seul éducateur, ton Sheikh le plus grand. Laisse donc tout ce que tu as pris des autres Voies »
En l'an 1200, l'Envoyé de Dieu ﷺ lui compléta son Wird par la formule d’unicité : «Il n'y a pas de divinité autre que Dieu» (lâ ilâha illâ-Liấh), à réciter aussi 100 fois pour qu’il en fasse bénéficier l’humanité.
Bien des évènements se sont glissés dans cette période au cours de laquelle les gens affluaient de contrées éloignées pour s’affilier au Sheikh, bénéficier de ses ouvertures et sciences débordantes ainsi que des afflux divins qui se déversaient sur lui, cependant, par souci de ne pas étirer indéfiniment le récit, nous n’énoncerons pas en détail la vie du Sheikh dans cet intervalle de temps. Notre dessein étant d’en esquisser les lignes essentielles.
Envol de son âme vers les territoires du Seigneur ﷻ
Ainsi, en 1213 de l’Hégire, il alla s'établir dans la ville bénie de Fès et y resta jusqu'à ce que son âme rejoignît son Seigneur ﷻ le jeudi 17 Shawwâl de l'an 1230 de l'Hégire.
Ce jour-là, à l’âge avancé de quatre-vingts ans, il se leva à l'aube, fit sa prière, demanda un peu d'eau qu'il but, puis se coucha sur son côté droit, sa noble âme s’envola vers les territoires sanctifiés du Seigneur ﷻ. Les plus grands savants, saints de son époque assistèrent à sa prière mortuaire et il fut enterré à Fès.
Il laissa derrière lui deux enfants, nos vénérés imams Sidy Muhammad Al Kabir et Sidy Muhammad Al Habib, dont l’éducation fut assurée par le Pôle Sidi Ali Tamacini.
Que l’agrément d’ALLAH ﷻ soit sur l’ensemble de nos Maîtres et que les bénédictions, grâces et lumières divines ne cessent d’abreuver l’exégèse de la Miséricorde d’ALLAH ﷻ à travers les siècles tant que subsistera le Vivant, Vrai, Majestueux Roi au règne éternel qui nous a prescrit la prière sur son envoyé ﷺ.